• Christine Molliet

NAMASTE


Namasté signifie dans le langage courant je te salut, bonjour, bienvenue ou encore bonsoir.


Aujourd’hui Namasté est la formule la plus courante pour se dire bonjour ou au revoir, en Inde.


L’étymologie du mot :

Nam : s'incliner, saluer, honorer

As : Je, être, exister ; être présent

Te : Toi, ils, elles, eux, tous

On pourrait dire que « Namaste » signifie : « Je m’incline face à toi », ou « mon être ici présent s’incline face à vous tous ».


Symboliquement dire que l’on s’incline devant l’autre nous retire tout égo vis-à-vis d’autrui.

En d’autres termes cela exprime notre humilité face à la personne devant nous.

Il n’y a pas de supériorité d’une personne face à l’autre.

Le principe du Namasté est donc de se libérer des chaînes de l’ego.

Le divin en moi, s'incline devant le divin en toi et fait tomber l’ego pour partager l’amour quelque soit les bons ou les mauvais moments, une union profonde peut naître entre les âmes.


Namaste peut être dit sans geste,

mais également accompagné d’un geste que l’on appelle Anjali mudra.


Garuda Statue, Chennakeshava Temple Main Entrance, Belur, Karnataka


Anjali mudra est un geste de communication visuelle non verbal : le geste de positionner les mains jointes devant la poitrine dans un état de révérence.


Anjali mudra est décrit dans d'anciens textes indiens tel que le Natya Shastra*.


Anj signifie « honorer ou célébrer ». Lorsque les mains se pressent et se lèvent, cela exprime le « respect », la « révérence », la « salutation ».

Symboliquement les mains jointes, servent à tenir et offrir des fleurs ou de l'eau, faire un don ou recevoir quelque chose.

Elle est utilisée pour prier devant une divinité, pour recevoir toute personne que l'on vénère et aussi pour saluer des amis.

Positionnées devant la poitrine elles rendent hommage à niveau égal aux autres personnes, levées au niveau du front elles rendent hommage à un maître et au-dessus de la tête elles rendent hommage à un Dieu.


Ici également nous retrouvons la notion de libération de l’ego, le geste de « salut » doit se faire avec sincérité : « Je partage mon étincelle divine, la pureté de mon amour, située au plus profond de mon cœur avec toi, et je reçois la tienne dans mon cœur ».

Bien entendu il ne suffit pas de le dire, ou de le faire, il est nécessaire aussi de le penser avec sincérité pour que le salut soit en harmonie avec vos pensées.


* Le Nāṭya Śāstra est un remarquable ancien traité indien sur les arts, qui a influencé la danse, la musique et les traditions littéraires en Inde. Il affirme que le divertissement est un effet souhaité des arts de la scène mais pas le but premier. Le but premier est de transporter l'individu du public dans une autre réalité parallèle, pleine d'émerveillement, où il expérimente l'essence de sa propre conscience et réfléchit à des questions spirituelles et morales.



Prosternation de sainte Foy, mains jointes devant la main de Dieu. Cette même posture d'humilité se retrouve sous les traits d'un moine du tympan de l'abbaye de Mozac (Puy de Dôme).


Par ailleurs, Anjali mudra est une mudra (un geste) que l’on peut faire en méditation.


On dit que la réunion des paumes permet une connexion entre les hémisphères droit et gauche du cerveau et représente l'unification.

Cette mudra est utilisée pour nous recentrer, elle nous aide à soulager le stress mental et finalement à entrer dans un état méditatif.

Mettre ses mains au niveau du chakra du cœur augmente le flux de l’amour, cela nous aide à nous immerger davantage à l’intérieur de nous-même, à atteindre le plus profond de notre cœur, que l’on nomme le chakra du cœur.

Dans la culture Sanskrit, chacun d’entre nous forme en réalité un tout en union avec l’univers.

En faisant ce geste de gratitude en méditation, nous envoyons des messages de paix et d’amour à l’univers.


Et grâce au principe de la loi de l'attraction, vous récoltez ce que vous semez, en prononçant Namaste ou en faisant le geste des mains jointes, vous envoyez des messages de paix à l’univers, alors vos énergies, vos pensées positives et votre gratitude ne manqueront pas de rayonner également autour de vous.





Statue en bois de Chine du XIXe siècle représentant une guanyin, divinité.


Statuette en albâtre, avec les mains jointes, découverte à Suze (actuel Iran) IIIe millénaire avant notre ère, actuellement au Musée du Louvre.